Frugalware 0.4 : toute la puissance de votre processeur! (18-04-2006)
Introduction

Les distributions Linux majeures offrent à l’utilisateur à peu près tout ce qu’il peut désirer, à commencer par la facilité d’utilisation. Tout, ou presque! Car la vitesse n’est pas toujours au rendez-vous. Si les ordinateurs récents ne souffrent que peu de ce léger ralentissement, on ne peut pas en dire autant des machines plus âgées. Pour cette raison, voulant revigorer mon Pentium III, je me suis mis à tester des distributions Linux optimisées pour l’architecture Intel 686. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’une jolie hongroise du nom de Frugalware.

L’auteur

Avec mes neuf mois d’expérience sous Linux, je ne suis plus un débutant mais encore loin d’être un pro. J’ai tout de même une bonne connaissance de l’informatique, mon premier contact avec un PC remontant à l'aïeul 8086XT, voilà de ça plus de 15 ans! Je ne suis donc pas effrayé par la console car c’est tout ce qu’on avait à l’époque. J’ai testé plusieurs distributions et surtout utilisé Ubuntu. Depuis peu, j’explore le merveilleux monde de Gentoo.

À propos de Frugalware

Frugalware se veut un OS généraliste, prêt pour le multimédia, qui soit simple (voir frugal!), rapide et à jour. La sortie d’une nouvelle version stable se fait tous les six mois. Le gestionnaire de paquets est l’excellent Pacman de Arch Linux, mais Frugalware possède ses propres paquets au format « .fpm ». L’utilisateur cible se veut de niveau intermédiaire, soit quelqu’un de familier avec le partitionnement et les chargeurs d'amorçage.

La machine

L’ordinateur ayant servi à ce test est muni d’un processeur Pentium III cadencé à 733 Mhz monté sur une carte mère ASUS CUV4X équipée de 512 Mo de mémoire vive PC133. La carte graphique est une ATI Radeon 7200 avec 32 Mo de RAM. Cette dernière est utilisée avec un moniteur Samsung SyncMaster 900NF.

Voici en vrac le reste de la configuration : carte PCI Sound Blaster Live!, ethernet D-Link (connexion internet ADSL) et firewire; un lecteur DVD Pioneer, un graveur CD LG; et deux disques durs IDE, un Western Digital de 40 Go et un Maxtor de 100 Go.

L’installation

Wanda, nom de code de la version 0.4 de Frugalware, peut être installée à l’aide d’un DVD, de deux CD ou d’un installateur web, le tout disponible pour les architectures i686 et AMD64. La deuxième de ces méthodes d’installation est celle faisant l’objet de ce test. On démarre à l’aide du disque 1 et en peu de temps l’installateur, en mode texte, se met en branle. Bien que moins esthétique qu’Anaconda, Yast ou autre installateur graphique, ce type d’installation n’est pas pour autant plus compliquée. Voyons de quoi il en retourne avec celui-ci. Prendre note que les captures d’écran présentées ne sont pas celles de ma « vraie » installation, mais d’une émulation à l’aide du logiciel qemu.

La première information demandée est la langue. Loin d’être exhaustive la liste comprend neuf langues, dont le français qui sera mon choix.



Curieusement, après ma sélection, on me souhaite la bienvenue parmi les utilisateurs de Frugalware... en anglais! Ce sera également en anglais que se poursuivra l’installation.

C’est au tour de la sélection du clavier, qui pourrait faire perdre patience à un nouveau venu dans le monde de Linux. Au lieu de proposer des choix comme « français » et « canadien français », la liste contient plutôt « azerty/fr-latin9.map.gz » et « qwerty/cf.map.gz ». Avec plus de 100 choix, on peut y perdre son latin! L’utilisateur moins expérimenté déplorera qu’aucune aide n’est disponible, que peu d’instructions sont données, et que pire encore, il est impossible de faire marche arrière après une sélection! Ceci étant dit, gardons en tête que Frugalware s’adresse à un utilisateur intermédiaire. Revenons à la configuration du clavier, je choisis la disposition canadienne-française « qwerty/cf.map.gz ».





...suite de l'installation

C’est maintenant le temps de créer des partitions pour accueillir Frugalware, et on offre pour ce faire d’utiliser cfdisk ou fdisk, en mentionnant que le premier de ces choix est plus « user friendly ». J’y vais donc pour cfdisk. Inutile de rappeler que l’utilisateur doit savoir ce qu’il fait car aucune instruction ne lui est donnée et qu’aucun partitionnement automatique n’est proposé. Il faut ici créer une partition Linux et une partition d’échange. Notons qu’il est répandu d’utiliser une partition d’échange du double de la mémoire vive lorsque celle-ci est de moins d’un gigaoctet, ou de même taille que la mémoire vive sinon. J’y vais donc d’une « swap » d’un gigaoctet. L’utilisation de cfdisk est très intuitive, et aucun problème n’est rencontré de ce côté.



Une fois le partitionnement terminé, il suffit d’assigner correctement à Frugalware les partitions voulues « swap » et « root ».



Il est alors proposé de formater les partitions nouvellement créées. Mentionnons que l’utilisateur frileux devant l’idée de partitionner en mode texte peut créer ses partitions à l’aide de son outil de partitionnement préféré avant de démarrer l’installation. Pour terminer avec les partitions, l’installateur offre de monter d’autres partitions (home, boot, ...) et ainsi avoir un fichier /etc/fstab complet dès le premier démarrage.

Une dernière question quelque peu incompréhensible à propos de l’utilisation de « expert menus ». On prend soin d’informer l’utilisateur qu’il devrait savoir ce qu’il fait avant de dire oui... je choisis donc non! Et finalement, c’est l’étape de la sélection des paquets. Tout est choisi par défaut, mais il est inutile d’installer KDE, Gnome et Xfce! J’y vais avec Gnome, mon environnement de bureau préféré.



C’est à l’aide de la barre d’espacement que la (dé)sélection se fait et il faut faire attention de ne pas appuyer sur « entrée » trop tôt, ce qui a pour effet de passer directement à l’installation des paquets. Ça y est, l’installation commence. Tout dépendant du moment de la journée, c’est l’heure d’un café ou d’une bonne bière!





C’est ensuite la configuration du chargeur d’amorçage. On propose trois choix pour l’installation de grub : sur le secteur d’amorçage, sur disquette, ou encore sur la partition root. Il est à noter que l’installation de grub sur le secteur d’amorçage ne réussit pas toujours sur certaines machines. Le problème est connu des gens de Frugalware mais aucune solution n’a été trouvée jusqu’à maintenant. Pour éviter ces problèmes, je choisis la troisième option. Il ne me restera qu’à ajouter Frugalware au chargeur d’amorçage déjà en place sur mon MBR (celui de Gentoo).



On finalise l’installation en y allant de quelques configurations simples : fuseau horaire, type de souris, résolution de l’écran, connexion internet, mot de passe root, comptes des utilisateurs, ...


Quelques configurations supplémentaires

Le premier démarrage se passe sans histoire : tout le matériel a été détecté et bien configuré. Un constat négatif cependant, que ce soit sous Gnome 2.14.0 ou KDE 3.5.1, la francisation est incomplète. Malgré la sélection faite lors de l’installation, c’est le clavier français (azerty) qui est en place. On corrige facilement ce problème en changeant la ligne « Option "XkbLayout" "fr" » du fichier /etc/X11/xorg.conf pour « Option "XkbLayout" "ca_enhanced" », et en éditant les préférences de clavier de Gnome ou KDE. Il faudra ensuite installer les paquets français manquant. C’est là que le gestionnaire de paquets Pacman, rapide et efficace, entre en jeu. Voici les principales options de Pacman :



Pour plus de détails à propos du fonctionnement de Pacman, consulter le wiki en français.

Mentionnons également la présence d’une interface graphique pour Pacman : Frugalware Package Manager, sorte de Synaptic propre à Frugalware. Pour revenir à nos paquets manquants, l’installation de firefox-fr, openoffice.org-i18n-fr et openoffice.org-dict-fr corrigera la plupart des lacunes de francisation.



Les utilisateurs de KDE devront aussi installer kde-i18n-fr. La configuration est terminée, notre OS est complètement fonctionnel, voyons ce qu’il a à nous offrir.

Le plaisir croît avec l’usage

Frugalware a passé le test du multimédia haut la main. Tous les codecs audio et vidéo semblent présents et la lecture est très fluide. Même constat pour la lecture de DVD, tout est fonctionnel « out of the box ». Il est à noter que les clips vidéo impossibles à lire sans saccades sous Ubuntu et autres distributions populaires ne posent aucun problème à Frugalware. Et cette rapidité est perceptible de façon générale, peu importe la tâche effectuée. Une distro optimisée qu’ils disaient? On commence à comprendre!

L’expérience internet est tout aussi réussie. Firefox, le fureteur par défaut, est déjà bien configuré : java, flash, plugins, ... tout y est! Le branchement à chaud de mon disque dur externe m’a automatiquement ouvert une fenêtre Nautilus, et mon lecteur mp3 fonctionne à merveille. Pour l’utilisation de tous les jours, les logiciels les plus communément utilisés sont présents : Gaim/Kopete, Mplayer, XMMS, Open Office, Gimp, ... Et s’il manque quelque chose à votre goût demandez-le à Pacman, ses dépôts sont bien garnis!





En bref : frugalité et performances!

On peut dire mission accomplie pour les concepteurs de Frugalware. Leur but d’offrir un OS simple et performant est pleinement atteint. Il y a bien sûr quelques irritants liés à l’installation, mais rien de majeur. Une fois ces petits problèmes réglés, c’est d’un OS véloce et flexible dont l’utilisateur bénéficie. Si j’ai trouvé en Frugalware la distro idéale pour mes besoins de tous les jours, mon vieux PIII, lui, y a trouvé la fontaine de jouvence!

MBO pour QuebecOS le 18-04-2006




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